Le texte évangélique de ce dimanche ne figure pas dans tous les manuscrits, si bien que les Pères grecs semblent l’ignorer. Le Seigneur est vraiment capable d’ouvrir une route dans la mer de nos péchés, un sentier dans le bourbier de nos préjugés, de notre hypocrisie qui nous rendent si sensibles aux manquements des autres et si indulgents envers les nôtres. L’apôtre Paul en arrive à parler d’ordures pour désigner tout ce qui s’oppose à la logique de la miséricorde qui permet à tout homme et à toute femme – malgré tout et à travers tout – de parvenir au but et de remporter le prix d’une vie rendue, parce qu’accueillie. L’attitude sereine et silencieuse de Jésus qui écrivait sur le sol (l’évangéliste se réfère peut-être ici à Jb 13, 26 ou à Jr 17, 13) s’oppose à l’orgueil des accusateurs et à la terreur inexprimée de l’accusée. Le Seigneur Jésus se penche et se met au même niveau que la femme! A l’inquiétante gravité des accusateurs, il oppose un geste presque ludique – un geste d’enfant – qui révèle la véritable faute : le refus de la solidarité. Notre cheminement vers Pâques, de passion et de résurrection, hâte désormais le pas non seulement en vue de célébrer rituellement les saints mystères, mais d’accueillir dans notre existence le mystère du Christ pour nous conformer à sa tendresse, comme prémices de toute justice: va et désormais, ne pèche plus! Jésus écrit par terre, dans la poussière. Comment ne pas nous souvenir de notre entrée en Carême au moment où nous avons reçu un peu de cendres sur le front ? Les pharisiens veulent appliquer la Loi écrite par le doigt de Dieu sur des tables de pierre, tandis que Jésus nous rappelle que cette Loi doit être écrite dans des cœurs de chair, réconcilié avec la poussière de notre propre fragilité et de celle d’autrui.
Commentaire de f. Michael David, osb Communautè de Koinonia de la Visitation
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)