Encore une fois, en suivant son rythme liturgique, l’Eglise cherche à nous faire prendre le chemin du désert. Comme l’explique un moine bénédictin contemporain : “Le désert vers lequel l’Esprit pousse Jésus n’a pas de nom particulier, il ne correspond en tout cas pas à un lieu géographique; c’est le désert, et c’est tout, c’est-à-dire notre être intérieur. « Ce lieu intérieur qui est une partie anatomique de l‘homme spirituel et que beaucoup ignorent par peur ou par manque d’exercice. Parce que cette part de notre humanité a ceci de particulier qu’elle s’atrophie si l’on ne s’en occupe pas et , à l’inverse, qu’elle devient immense dans la mesure où on l’habite » . Le texte du Deutéronome – situé dans la liturgie printanière des prémices et traditionnellement appelé le petit crédo – reprend la foi d’Israël autour de trois axes : la vocation et le cheminement des patriarches, le don de la liberté après l’amère servitude en Egypte, le don d’une terre pour y cultiver et y faire grandir les dons reçus. Il ne suffit pas de professer sa foi avec les lèvres, il faut croire dans son cœur, là où s’opèrent les choix concrets de la vie. Dire que Jésus est le Seigneur signifie entrer dans sa logique de refus de tout compromis et d’accommodement, avec la tentation qui, pour Luc, atteint justement son comble à Jérusalem. C’est là que le diable semble donner rendez-vous à Jésus pour le temps fixé : celui de sa passion, quand il révélera jusqu’où la confiance dans le Père et l’amour de l’humanité peuvent nous conduire. Ces lectures de cette première étape du chemin quadragésimal mettent les choses au clair : voulons-nous monter avec Jésus et comme le Messie humilié à Jérusalem ?
Commentaire de f. Michael David, osb Communautè de Koinonia de la Visitation
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)