14 Juin 2020
Le Corps et le Sang du Christ
Année A
Le pain du ciel transforme notre coeur en le faisant demeurer dans la charité qui, elle, nous unit les uns aux autres et nous rend témoins de la miséricorde.
Nous célébrons cette année le Corps et le Sang du Christ tandis que plusieurs pays sortent péniblement du confinement dû à la pandémie et que d’autres sont encore soumis à de sévères mesures de précaution. Tout ceci a pour beaucoup une signification et pour d’autres cela veut dire qu’ils sont encore dans l’impossibilité de se réunir pour participer à une célébration communautaire de l’Eucharistie. Il manque ainsi au peuple de Dieu «le pain vivant descendu du ciel», sur lequel l’évangéaliste Jean nous invite à méditer, mais aussi cet autre signe que saint Paul rappelle au Corinthiens : le fait que : «puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes n’est qu’un seul corps: car nous avons tous part à un seul pain». «La présence réelle du Christ dans l’Eucharistie requiert la présence réelle des fidèles autour de l’autel et la présence réelle des chrétiens dans la société» (T. Halik). Comme le rappelle le Deutérionome, la traversée du désert est une épreuve à travers laquelle le Seigneur voit ce que nous avons dans le coeur. Le désert que nous avons vécu ou que nous sommes en train de vivre peut faire émerger ce qu’il y a vraiment dans notre coeur et comment il se laisse transformer par le pain vivant qu’est le Christ. Si le signe nous manque, notre coeur doit pouvoir manifester le fruit qu’il a généré: la charité qui fait de nous, bien que nombreux, un seul corps; la charité qui nous rend présents à l’histoire comme témoins cohérents de miséricorde, de compassion, de justice et de paix.
Commentaire de la Communautè de Dumenza
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)