9 mai 2021
VIe Dimanche de Pâques
Notre agir a besoin de racines – l’amour de Dieu qui nous précède – et doit se manifester en portant du fruit : notre amour pour les autres.
Pour rester dans l’imaginaire botanique auquel recourt Jésus pour parler de la vigne et de ses sarments, on peut dire que l’amour doit être précédé par quelque chose – avoir des racines – et déboucher sur quelque chose – porter un fruit. La première lettre de Jean synthétise bien cette dynamique: «Aimons-nous les uns les autres, parce que l’amour est de Dieu: quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu». Ce qui précède, la racine, c’est l’amour que Dieu a pour nous; son fruit, c’est notre capacité à nous aimer progressivement les uns les autres. C’est ainsi que nous connaîtrons Dieu. Nous le connaîtrons, c’est-à-dire non seulement son mystère, mais surtout sa fécondité et sa puissance qui nous engendre et se manifeste en nous, en nous rendant capables d’aimer à notre tour. Pour aimer vraiment, il faut demeurer dans un amour qui nous précède.
Pierre est lui aussi le témoin de ce précédent dans la maison du païen Corneille: il n’a pas fini de parler que l’Esprit, le précédant: «tombe sur tous ceux qui écoutaient la Parole». Pierre reconnaît le primat de l’action divine et agit en conséquence (voilà le fruit!), en ordonnant que même ces incirconcis «soient baptisés au nom de Jésus Christ». Pierre comprend que «Dieu ne fait pas acception des personnes». L’amour auquel il nous appelle – et qui nous donne de vivre greffés sur la vraie vigne qu’est son Fils – est large, inclusif, accueillant. Il accueille tout le monde, parce qu’un même Esprit descend sur tous.
Commentaire de la Communautè de Dumenza
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)