24 decémbre 2023
IVe Dimanche d’Avent
Vigile de la Nativité
Année B
La foi de Marie est intelligente, elle interroge, est libre et pleinement disponible.
SELON TA PAROLE
Le quatrième Dimanche d’Avent porte notre attention sur une des plus grandes pages de la Révélation : l’annonce à Marie. Le saint Ange, à travers une parole visible qui s’exprime dans l’art pictural, l’a redite sur une note d’épousailles. La poésie, elle aussi, avec toute sa force d’évocation. Pensons, par exemple, à Rainer Maria Rilke, qui, dans une strophe de ses Frühen Gedichte, en se tournant vers Marie, écrit : «Dieu descend de sa lumière / et tu seras pour sa soif / la coupe la plus belle». Mais comment Marie, icône de l’humanité, s’est-elle située devant Dieu qui lui demandait son sein pour devenir chair, un cœur pour être aimé, des mains qui le caresseraient; pour ce Dieu qui venait dans l’extrême nécessité d’un enfant demandant qu’on lui prête une racine, la vie, un visage, une parole ? Le passage de Luc nous révèle la profondeur de sa foi. Une foi intelligente, qui interroge, libre et pleinement disponible. Marie est ainsi devenue le tabernacle du Très Haut, la nouvelle Sion, prophétie de la Jérusalem d’En Haut, où il n’y aura plus de temple, parce que Dieu et l’Agneau seront son temple et son flambeau (cf. Ap 21,2-3). A la veille de la Nativité, nous voulons porter sur elle notre regard et la prier avec ce poème de Mère Cànopi:
Je te salue, / Marie, / bienvenue sur le seuil, / de mon silence plein d’attente. / Je te salue, / Marie / non pas, certes, comme l’ange / descendu du ciel, / mais comme source d’eau / à la fontaine / comme un petit miroir / au sourire de tes yeux / dans lequel éclate ce secret trop grand du cœur. / Je te salue, Marie : / toute vibrante du son / de la Parole qui accueille / passage de ma mue silencieuse, / passage de l’obscur seuil / à la lueur de ton pas – le premier du Verbe fait chair – / et je chante, ô Toi, la toute joyeuse, / ton hymne de grâce!
Commentaire de d. Sandro Carotta, osb
Abbazia di Praglia (Italie)
Traduction de f. Christophe Vuillaume,
Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)