3 décembre 2023
I Dimanche
de l’Avent
Année B
La communauté chrétienne est appelée à s’enraciner dans les sillons de l’histoire, mais en fixant les yeux sur le Royaume et l’avènement de son Seigneur.
VEILLER
Dieu du silence, ouvre la solitude.
Salvatore Quasimodo
L’évangile de ce premier dimanche de l’avent (cf. Mc 13,33-37) conclut le dernier discours de Jésus avant sa passion (cf. Mc 13,1-37). Devant l’admiration d’un disciple à la vue du temple de Jérusalem, Jésus le reprend en lui affirmant que de ce qu’il admire il ne restera pas pierre sur pierre. Qu’est-ce que ça veut dire? Que Jésus relativise la prétendue stabilité historico-religieuse du moment présent, que représente justement le temple, pour reporter l’attention sur les temps nouveaux qu’il inaugure et qui s’accompliront dans sa Pâque. D’où la question sur le comment et le quand cela arrivera. Jésus articule alors sa réponse en trois temps. Il parle d’abord d’un temps de persécution (cf. Mc 13,5-23) et du témoignage que devront donner les croyants; puis, dans un second temps (cf. Mc 13,24-27), il annonce la parousie (le retour) du Fils de l’homme et le jugement dernier; enfin (cf. Mc 13,28-37), il donne des critères de discernement et invite tout le monde à veiller. Ces paroles de Jésus sont en substance la réponse à deux tensions qui traversent constamment la communauté chrétienne. D’un côté, il ya ceux qui, constatant comment l’histoire poursuit son cours, malgré des contradictions, relâchent leur vigilance. De l’autre, ceux qui perçoivent des signes de l’imminente venue de Dieu. D’où la tentation de tomber dans telle ou telle forme d’impatience eschatologique, de désengagement des tâches à accomplir en ce monde. La communauté chrétienne est appelée cependant à s’enraciner dans les sillons de l’histoire mais en fixant les yeux sur le Royaume et l’avènement du son Seigneur. La vigilance a aussi une dimension anthropologique et nous rappelle comment l’homme est, par nature, en attente, un être encore inachevé qui tend à la plénitude.
Il nous est même impossible de T’aimer
Si Tu ne sèmes en nous les germes de l’amour
Unique objectif de ta et de notre solitude.
Davide Maria Turoldo
Commentaire de d. Sandro Carotta, osb
Abbazia di Praglia
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)