Une radicale et inquiétante différence rencontre non seulement l’accueil, mais encore une fois, indirectement l’admiration de la part du Seigneur : “Et les neuf autres, où sont-ils ?”. Cette question de Jésus, qui trouve sa réponse dans le retour eucharistique de ce lépreux, qui, en plus, est samaritain, demande que notre propre vie devienne une réponse existentielle pleine de gratitude. Le fait d’être lépreux excluait de la vie sociale et religieuse : le fait d’être samaritain rendait encore plus suspect en raison de la querelle autour de l’orthodoxie de la foi, toutes ces différences et la potentielle étrangéité n’empêchent pas cet homme, et lui seul sur dix, d’expérimenter tout à la fois la purification, la guérison et aussi le salut qui provient de l’expérience personnelle et consciente qu’est la « foi ». Nous sommes tous come Naamân, le Syrien, appelés à guérir de la lèpre de notre prétention qui étend facilement le soupçon jusqu’à la personne de Dieu. Nous devons tous apprendre comme Timothée que si « l’on n’enchaîne pas la parole de Dieu”, elle ne peut que nous rendre plus libres, plus sains, plus humains, plus saints. Les attentes de Naamân lors de sa rencontre avec Elisée et celles des lépreux qui criaient à pleine voix : « Jésus, Maître, aie pitié de nous » (Lc 17, 13), doivent être radicalement purifiées pour ouvrir la voie à une guérison apte à toucher et à transformer toute la personne. Le premier pas de cette purification est de ne pas céder à la précipitation, de ne pas se laisser prendre par l’urgence excessive. Toute thérapie a besoin non seulement de savoir-faire médical, mais encore de temps nécessaire pour faire son effet.
Commentaire de f. Michael David, osb Abbaye de Novalesa
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)