La joie de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, scandée par l’enthousiasmant Hosanna, se transforme en réflexions perplexes et silencieuses devant le cri de : “Crucifie-le”. Deux évangiles nous accompagnent et nous guident ici : le premier, pour la procession des rameaux et le second, pour la longue lecture de la Passion qui suit. Chaque année, un évangile nous permet de percevoir le mystère du Passage par la Passion, d’un angle de lecture différent. Il est demandé à chacun de nous d’entrer personnellement dans le vif du drame, en sachant reconnaître quel est notre rôle, en nous identifiant à tel ou tel personnage ou, plus probablement, en découvrant en nous des émotions semblables et des réactions diverses ou du moins contrastées. Au disciple, il est demandé d’avoir une oreille attentive pour comprendre ce que signifie et ce que suppose d’être obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. Comme l’ânon dont Jésus s’est servi pour entrer dans la ville, nous portons le doux poids de sa gloire crucifiée et nous laissons conduire sous sa main, mais surtout, nous apprenons à nous laisser déposséder et dépouiller pour servir Celui qui en a besoin. En ce dimanche, nous célébrons la réalité de notre condition humaine. C’est comme un merveilleux tissu dont la trame glorieuse se mêle constamment et admirablement à celle de l’humiliation et de la souffrance. Les pharisiens sont très troublés de voir la foule se réjouir de l’entrée du Seigneur Jésus à Jérusalem sur un âne et se tournent vers lui, en le suppliant presque : Maître, reprends tes disciples ! Mais c’est impossible, parce que la foule comprend qu’en Jésus se réalise la prophétie de cette humanité nouvelle que nous attendons tous et que nous sommes déjà.
Commentaire de f. Michael David, osb Communautè de Koinonia de la Visitation
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)