15 mars 2016

IVe Dimanche
de Carême

Année A

L’aveugle trouve la lumière en rencontrant Jésus : reconnaître son propre humus avec humilité ouvre à la vérité, à la foi et à l’amour qui sauve.

«CROIS-TU AU FILS DE L’HOMME?»

Il est né aveugle et sa cécité était aussi alourdie par le jugement : « Rabbi, qui a péché », demandent les disciples à Jésus, « lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9,2). Pour la culture de l’époque, la maladie était toujours le signe visible de la culpabilité. Mais Jésus brise cette logique en rappelant que ni lui ni ses parents n’ont péché. Pour le Maître, la culpabilité est secondaire, ce qui est décisif, c’est de manifester l’œuvre de Dieu. Mais alors, que signifie la maladie ? Où veut-elle mener ? Peut-être est-ce un chemin pour redécouvrir le vrai soi, c’est-à-dire son identité cachée ? Celle qui naît de la foi en Jésus : «Crois-tu au Fils de l’Homme ?» (Jn 9,35). En résumé, cet homme aveugle, en accueillant Jésus comme la lumière, va découvrir qui il est vraiment en tant qu’homme et reconnaîtra le monde tel qu’il est. Les gestes du Maître sont curieux : « Quand il eut dit cela, il cracha par terre, fit de la boue avec sa salive et l’étala sur les yeux de l’aveugle ; puis il lui dit : ‘Va te laver dans le bassin de Siloé’ » (Jn 9,6-7). La cécité de cet homme n’est pas seulement physique. Être aveugle veut dire refuser de se reconnaître pour ce qu’on est, ne pas vouloir accueillir les zones grises qui nous habitent. Mais ce faisant, on s’idéalise soi-même et on se place au-dessus de l’homme lui-même. C’est pourquoi le Maître crache par terre, sur l’humus (la terre), puis met la boue pétrie sur les yeux de son interlocuteur comme pour lui dire : ce n’est que si tu reconnais ton humus que tu pourras voir. Cette reconnaissance commence par l’humilité. L’Humilitas se réconcilie avec l’humus. Ici rayonne alors la lumière de la veritas qui ramène l’homme à lui-même. Mais ce n’est pas tout. Cet homme est envoyé à la piscine de Siloé, ce qui signifie « l’Envoyé ». Nous savons que Jésus est l’Envoyé de Dieu. Aller à la piscine de Siloé signifie donc aller vers le Christ en portant sa propre boue et en se laissant laver par les eaux purificatrices de son amour fidèle. Cet aveugle est donc appelé non seulement à la foi mais aussi à l’amour, à cette puissance qui « fait se mouvoir le soleil et les autres étoiles » (Paradis XXXIII, 145), et qui se tient étonnamment devant lui : « Et qui est le Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : ‘Tu l’as vu, c’est lui qui te parle’ » (Jn 11:36-37).
Sur la foi en Jésus comme amour, nous rédigeons nos propres versets d’Antonia Pozzi (1912-1938) :

J’ai tellement confiance en toi. Il me semble
Que je pourrais attendre ta voix
en silence, pendant des siècles
De ténèbres.

J’ai tellement confiance en toi, je suis,
Comme l’arabe enveloppé
Dans la cabane blanche,
qui écoute Dieu mûrir
de l’orge autour de la maison.

Commentaire de d. Sandro Carotta, osb
Abbazia di Praglia (Italie)

Traduction de f. Christophe Vuillaume,
Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)

Pin It on Pinterest

Share This

Questo sito utilizza i cookie per fornire la migliore esperienza di navigazione possibile. Non utilizza cookie per finalità commerciali né fornisce a terzi le informazioni sugli utenti. Continuando a utilizzare questo sito senza modificare le impostazioni dei cookie o cliccando su "Accetta" permetti il loro utilizzo. Per saperne di più sui cookie, clicca su maggiori informazioni

Questo sito utilizza i cookie per fornire la migliore esperienza di navigazione possibile. Continuando a utilizzare questo sito senza modificare le impostazioni dei cookie o cliccando su "Accetta" permetti il loro utilizzo.

Chiudi