12 novembre 2023
XXIIe Dimanche
du Temps Ordinaire
Année A
Dans notre parabole, la sagesse consiste surtout à savoir anticiper la possibilité d’une longue attente. Le chrétien ne perd pas confiance, mais veut être prêt à tout instant.
Dans la parabole des dix vierges, on voit deux groupes s’opposer : celui des vierges sages et celui des vierges insensées. L’antithèse entre sage (phrónimos) et insensé (morós) n’est pas une nouveauté, puisque Jésus l’avait déjà présentée à la fin du Discours sur la Montagne. Dans le contexte, l’insensé, c’est celui qui bâtit sa vie sur du sable, tandis que le sage est celui qui la construit sur le roc. Dans notre parabole, la sagesse consiste surtout à savoir anticiper la possibilité d’une longue attente. Le fait que les vierges sages prennent de l’huile dans de petits vases avec leur lampe est emblématique. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que le chrétien sait, ou devrait savoir, que le Seigneur reviendra. Cependant, il ne connaît ni le jour ni l’heure. Et ceci, loin de lui faire perdre confiance, le pousse à se tenir prêt à tout instant. Par ailleurs, la demande d’huile de la part des vierges insensées tombe dans le vide (cf. Mt 25,8). Les vierges sages répondent : «Non, de peur que vous et nous en manquions; allez plutôt en acheter chez le marchand» (Mt 25,9). Au jugement dernier, quand l’Epoux (ho nymphios), image du Messie, sera arrivé, chacun devra répondre de soi, de ses œuvres, de ses choix. En ce jour-là, nul ne pourra rien faire pour l’autre. Les paroles finales de l’Epoux au moment où les vierges insensées surviennent sont extrêmement dures : «Je ne vous connais pas» (Mt 25,12). Ces paroles sont typiques de la nezifà, c’est-à-dire des reproches du maître qui, pour punir son élève, refuse tout contact avec lui pendant sept jours. Le visage de l’Epoux assume ainsi les traits du Christ juge qui repousse ceux qui ont rejeté la Loi du Seigneur.
Commentary by b. Sandro Carotta,
osb Abbazia di Santa Maria – Praglia (Italy)
Traduction de f. Christophe Vuillaume,
Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)