29 octobre 2023
XXXe Dimanche
du Temps Ordinaire
Année A
S’aimer soi-même n’est pas une forme de narcissisme. Au contraire, cela implique une lente acceptation de soi, la disposition à croître et donc à cheminer vers la maturité dans le Christ.
Quel est le plus grand des commandements (kelalgadol) de la Torah? A cette question, Jésus répond en citant le Shemà (cf. Dt 6, 4-7) et le texte du Lévitique 19, 8. Il n’y a qu’un seul commandement, celui de l’amour, envers Dieu et le prochain. Tout le reste est un développement. Nous voudrions, cependant, nous arrêter sur le commandement de Lv 19, 8, qui reprend un aspect souvent oublié: pour aimer le prochain, il faut d’abord s’aimer soi-même. Notons-le, Jésus ne nous dit pas d’aimer le prochain plus que soi-même, mais comme soi-même. Aimer ne signifie pas s’anéantir. Saint Augustin affirmait déjà: «Si tu ne sais pas t’aimer toi-même, tu ne peux pas vraiment aimer ton prochain». Donc, s’aimer soi-même, voilà le premier point. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? S’aimer soi-même au niveau physique suppose qu’on prenne soin de sa santé et de tous les aspects extérieurs de la vie; au niveau psychologique, cela exige qu’on veille à son équilibre intérieur, à ses sentiments comme à ses émotions; au niveau rationnel, avec ce devoir de se former en vue de croître intellectuellement; au niveau de la foi, cela implique le désir de grandir dans la connaissance de Dieu, du monde de l’Esprit. On l’aura compris, pour éviter tout malentendu, s’aimer soi-même n’est pas une forme de narcissisme. Au contraire, cela implique une lente et pas toujours facile acceptation de soi, de sa propre vérité intérieure et humaine, une disposition à croître et donc à cheminer vers la maturité dans le Christ.
Et Toi
que nous attendons
sans cesse,
Tu attends toi-même
que nous venions
à Toi
pour une rencontre
d’amour
qui n’aura pas de
fin.
Commentary by b. Sandro Carotta, osb Abbazia di Santa Maria – Praglia (Italy)
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)