Le Seigneur revient au bout de huit jours pour donner la possibilité à Thomas de revenir sur sa décision et de croire en ce que les autres apôtres lui ont dit. Nous pouvons nous aussi sereinement retourner auprès de nos frères et parfois retrouver le chemin de notre propre cœur dont nous nous écartons quelquefois au point de nous extérioriser. Les malades, les pauvres, les marginaux retrouvent l’espérance et font l’expérience de la résurrection en s’exposant seulement à l’ombre de l’apôtre Pierre. La communauté est habitée par l’énergie et le dynamisme de la résurrection dans la force créative de l’Esprit. Le partage des biens n’est pas imposé comme à Qumran, mais librement et naturellement choisi par ceux qui partagent le sentiment d’avoir été sauvés est de devoir se faire médiation de salut. Tous ceux qui sont renés dans les eaux baptismales éprouvent le besoin d’être frères et compagnons dans la tribulation qui devient le lieu unique d’une authentique révélation. C’est à cette compagnie à laquelle on ne peut renoncer que le Seigneur Ressuscité vient personnellement ramener l’apôtre Thomas pour qu’il puisse être guéri de la blessure de son inquiétude et puisse retrouver une paix partagée. Les pauvres ne réagissent pas comme les notables qui n’ont besoin de rien, pas même d’être sauvés et encore moins d’être guéris. La parole du Ressuscité est aussi ardente que le feu par lequel nous avons commencé la veillée pascale : Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu ! Désormais, la voie royale pour croire en Dieu, c’est de renouveler la confiance les uns des autres, en acceptant que la seule ombre du frère répare le mal et crée un espace de vie toujours large dans lequel il y a vraiment place pour tout le monde.
Commentaire de f. Michael David, osb Communautè de Koinonia de la Visitation
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)