30 janvier 2022
Quatrième Dimanche du T.O.
Année C
Pour chacun de nous s’ouvre le même cheminement de tout prophète : il faut laisser derrière soi ce besoin infantile d’être toujours accueilli, même au prix de la vérité, pour s’ouvrir à une charité plus adulte qui peut déranger ceux qui sont habitués à nous traiter comme l’enfant qui est en nous.
Le Seigneur Jésus se présente comme un prophète et, voyant que ses contemporains peinent à accueillir le mystère de sa personne et à répondre aux invites de sa mission, il ne fait rien d’autre que se tourner vers les prophètes qui l’ont précédé. La vocation prophétique – comme on le voit dans la première lecture – est toujours liée à deux paroles, qui sont des événements fondateurs dans la vie du prophète : l’appel à la vie et l’appel à une mission particulière. Ce cheminement nous concerne tous car, selon ce qu’enseigne l’apôtre, nous sommes appelés à croître dans la compréhension qui provoque une croissance de la sensibilité : « Maintenant que je suis un homme, j’ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant ». Les habitants de Nazareth se retrouvent devant un Jésus devenu pleinement homme, au sens où il a conscience du don particulier et de la mission reçus qui exigent une relation de confrontation et de conversion; ce qui génère le mépris qui est une façon de mener la guerre dont Dieu parle par la bouche de Jérémie (1e lecture). Tout cela n’empêche pas le Seigneur de se reprendre et de se remettre en route. Néanmoins, il n’est jamais facile et absolument jamais confortable de se retrouver « face à face » avec une parole qui met à nu toute notre vérité, tout en recherchant à reconnaître notre besoin de salut. Pour les habitants de Nazareth, pour les parents et les voisins de la maison de Jésus, il n’est pas facile de se retrouver de façon aussi directe avec une parole qui exige qu’on choisisse son camp et un engagement absolu sans regard en arrière, mais de se laisser entraîner vers ce qui est nouveau. Marcel Proust remarquait : “Un vrai voyage de découverte ne consiste pas rechercher des terres nouvelles, mais à acquérir des yeux nouveaux”.
Commentaire de f. Michael David, osb Communautè de Koinonia de la Visitation
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)