6 Septembre 2020
XXIIIe Dimanche du Temps ordinaire
Année A
Il s’agit de réagir devant le péché de mon frère par la correction fraternelle, la prière et par une communion plus ferme que tout ce qui peut la blesser.
L’amour réciproque dont nous sommes débiteurs les uns envers les autres, s’exprime jusque dans cette correction fraternelle par laquelle nous assumons le devoir que le Seigneur nous a confié de veiller, comme une sentinelle, sur la vie de ceux qui vivent à nos côtés. Depuis le fratricide de Caïn, le Seigneur nous demande d’être le gardien de l’autre (cf. Gn 4,9), et un moyen concret de l’être est de «gagner son frère», en l’aidant à se libérer de ses erreurs et de ses péchés. « Gagner », c’est là un beau verbe. Dimanche dernier, nous l’avons entendu à propos de la suite du Christ : nul besoin de chercher à gagner le monde, mais être prêt à perdre sa vie pour la trouver. Une autre façon de gagner sa vie, est de se préoccuper du bien de son frère, parce que la réussite de mon existence dépend aussi du mal que je me donne pour garder la vie de l’autre. Il y a par ailleurs une relation étroite que Jésus établit entre la correction fraternelle et la prière qu’on fait ensemble: il s’agit de se mettre d’accord « pour demander quelque chose», et surtout pour demander la guérison du frère. S’il peut arriver qu’il n’écoute pas la parole qu’on lui adresse pour qu’il se corrige progressivement, le Père écoute toujours la prière unanime de la communauté. Le péché d’un seul risque toujours de désagréger la communion. Jésus nous demande au contraire de réagir non seulement par la correction et la prière, mais aussi par une forme de communion plus tenace et plus persévérante que tout ce qui pourrait la blesser.
Commentaire de la Communautè de Dumenza
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)