Que peut donc nous enseigner ce « publicain » dont Jésus nous parle dans la parabole de ce dimanche ? Conscient de ses péchés, il n’a rien à présenter, à la différence du pharisien. La liste serait peut-être trop longue et sans doute pas très honorable, comme l’est au contraire celle de celui qui se tient « debout » à débiter ses mérites devant Dieu, tandis que l’autre se tient « à bonne distance ». Et pourtant, à la fin de la parabole, le Seigneur semble s’éloigner du pharisien et s’approcher au contraire du publicain qui a vraiment besoin de la présence divine et en a conscience. Il semble que la parole du Siracide aille dans le sens contraire: “Il ne fait pas de différence entre les hommes”, dit la première lecture de ce jour. Le Seigneur se fait toujours plus proche, comme en témoigne Paul, désormais proche d’être “déjà offert en sacrifice”, pour ceux qui se sentent plus éloignés au point de se tenir à distance. Paul, le pharisien convaincu et plein d’ardeur, nous rappelle par son expérience que ce publicain pourrait bien remonter en nous, lui dont la prière humble et vraie permet au Seigneur de finalement nous sauver au point d’être “justifiés”, conscients que nous ne le sommes pas par nous-mêmes. Paul nous rappelle, non seulement par sa parole, mais avant tout par le témoignage de sa vie, que nous pouvons laisser remonter en nous la figure du publicain que nous sommes, malgré le pharisien qui cherche constamment à prendre le devant de la scène. “La prière du pauvre ne s’arrête pas – avant que le Très Haut n’ait jeté les yeux sur lui” – de quoi repenser dans ses justes proportions à notre façon de nous regarder nous-mêmes, en nous souvenant que nous ne pouvons en aucun cas nous faire les juges des autres.
Commentaire de f. Michael David, osb Abbaye de Novalesa
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)