La question de celui qui aborde Jésus exprime peut-être bien une de nos préoccupations secrètes: “Seigneur, n’y aura-t-il que peut de gens à être sauvés?”. Il ne s’agit certes pas de pure curiosité à propos du salut, mais cela cache le désir d’être compté parmi ce “peu de gens” qui s’opposent au grand nombre et qui ne s’identifient jamais à tout le monde. Devant cette nécessité de créer et de faire partie d’un cercle de privilégiés se produit ce que nous dit la seconde lecture: “Le Seigneur corrige ceux qu’il aime”. La réponse du Seigneur est en parfaite consonance avec ce qu’annonce le prophète Isaïe: “Je viens rassembler les hommes de toute nation… Je ramènerai tous vos frères”. Le salut du Seigneur n’est pas réservé à un petit nombre, mais bien à tous et nous qui risquons de nous vanter d’avoir “mangé et bu” en sa présence, risquons bien de nous retrouver loin du cœur de Dieu. L’invitation du Seigneur nous concerne personnellement: “Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite” du cœur de Dieu dans lequel nous sommes appelés à rabaisser notre morgue de vouloir être meilleurs que les autres. Nous pourrions reformuler la question que pose cet homme de passage au Seigneur Jésus en la transformant en une question scolastique, comme si un étudiant demandait: “Qui donc réussira cet examen?”. Normalement, une question de ce type tente d’exorciser la peur de ne pas être en mesure de réussir!
Commentaire de f. Michael David, osb Abbaye de Novalesa
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)