Le Seigneur Jésus se fait l’hôte, mais en réalité, c’est nous qui avons besoin de sa visite, plus que Lui n’a besoin de notre accueil. Pour interpréter le texte de l’Evangile, l’habituelle sagesse de la Liturgie nous met dans la bonne direction, en nous donnant la possibilité de lire un des plus beaux textes de la Bible hébraïque : l’accueil des mystérieux voyageurs par Abraham. Ce qu’il y a de plus fort et de plus significatif en ce dernier, c’est sa promptitude! Bien avant de se hâter de les servir, et de demander à sa femme Sara et à son serviteur de faire la même chose, Abraham lui-même est en attente vigilante “à l’entrée de la tente”, qui plus est « à l’heure la plus chaude du jour » (Gn 18, 1). La chose la plus importante n’est pas tant notre accueil et notre façon d’accueillir, mais plutôt le fait que Dieu nous visite et la façon dont Il le fait. Avec son raffinement habituel, l’évangéliste Luc rapporte l’accueil au « village” (Lc 10, 38) de Béthanie, à la suite de la parole du bon Samaritain. Ce qui revient à dire que seule l’expérience d’une radicale compassion peut nous rendre accueillants aux autres. La présence de Marie et le fait qu’elle “s’assoit aux pieds du Seigneur” pour écouter “sa parole” (10, 39), nous rappelle que, même si nous cherchons à accueillir le Seigneur dans nos vies pour essayer de répondre à ses besoins et nécessités, c’est toujours Lui qui nous donne ce qui est le plus important et il les donne en plénitude. De cette façon, le diptyque du bon Samaritain qui se reproduit en Marthe, se trouve complété par celui de Marie et nous donne ainsi une sorte de plan intérieur de la vie du disciple.
Commentaire de f. Michael David, osb Communautè de Koinonia de la Visitation
Traduction de f. Christophe Vuillaume, Monastère Masina Maria – Mahitsy (Madagascar)